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À Ruitz, dans le Pas-de-Calais, trois enfants ont été atteints de cancers rares et graves dans une école située à 50 mètres d’une antenne-relais SFR.
l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence de risque.
L’enquête officielle, menée par la Cellule interrégionale d’épidémiologie (InVS), a conclu : « L’hypothèse d’un lien entre la survenue des cancers pédiatriques et une exposition à des champs électromagnétiques ne peut être retenue en l’état actuel des connaissances scientifiques. »
Autrement dit : comme la science ne sait pas prouver le lien, alors il n’y en a pas.
Vingt ans plus tard, à Muël, un projet Free Mobile prévoit d’implanter un pylône de 25 mètres à moins de 100 mètres de l’école et de la crèche. Les habitants s’interrogent : faudra-t-il encore attendre des certitudes pour protéger nos enfants ? Le principe de précaution, inscrit dans la Charte de l’Environnement (article 5), n’est pas une option. C’est un devoir.

Le précédent de Ruitz : trois enfants malades, un doute ignoré
En 2005, les parents de Ruitz alertent sur la proximité d’une antenne-relais.
Trois enfants de la même école développent des cancers : deux tumeurs cérébrales et une leucémie.
Les mesures réalisées montrent des champs électromagnétiques “très faibles”, donc “rassurants” selon la réglementation.
Pourtant, les faits sont là : trois enfants malades, dont deux décédés.
Le rapport de l’InVS reconnaît les incertitudes, mais les transforme en absence de lien.
Un réflexe administratif classique : si la science ne sait pas encore, alors on considère que tout va bien.
Cette posture nie la logique même du principe de précaution : quand le doute existe, on agit pour protéger.
À Muël, un projet qui divise et inquiète
Le projet d’antenne Free Mobile à Muël suscite incompréhension et colère. Prévue au cœur du bourg, à quelques mètres des habitations, de l’école et de la crèche, l’installation de 25 mètres de haut inquiète riverains et parents d’élèves. Les familles dénoncent :
- l’absence de concertation réelle avec les habitants ;
- le déni de précaution malgré la proximité des enfants ;
- et l’opacité des données techniques (mesures, alternatives, mutualisation avec d’autres opérateurs).
Partout en Bretagne, des communes choisissent désormais d’implanter les antennes en périphérie des villages, ou d’étudier des solutions de mutualisation pour réduire le nombre de pylônes.
À Muël, la question reste ouverte : pourquoi pas ici ?
Quand la science avance, la prudence recule
Les études récentes (COSMOS, 2024 ; méta-analyses 2023-2025) n’ont pas démontré de lien formel entre ondes et tumeurs.
Mais toutes reconnaissent la même chose : on ne peut pas exclure un risque à long terme, surtout chez les enfants, dont le crâne est plus perméable et le système nerveux en développement.
Le CIRC (OMS) classe depuis 2011 les ondes de radiofréquence comme “peut-être cancérogènes pour l’homme” (groupe 2B).
Autrement dit : danger possible, prudence recommandée.
Face à ces incertitudes, continuer à installer des antennes près des écoles relève non pas de la science, mais d’un pari politique sur l’innocuité.
Et ce pari, aucun élu ne devrait le faire sur le dos des enfants.

Protéger d’abord, prouver ensuite
Le cas de Ruitz nous rappelle une chose : ce n’est pas parce qu’on ne sait pas expliquer, qu’il ne se passe rien.
À Muël, comme ailleurs, le bon sens devrait primer : dans le doute, on suspend, on informe, on protège.
La transparence, la concertation et la prudence ne sont pas des obstacles : ce sont les fondements d’une gouvernance responsable et humaine.
Le principe de précaution n’est pas une peur : c’est la sagesse du vivant.
