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Quand l’agence du “tout est sous contrôle” refuse de montrer les chiffres
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C’est officiel : l’association Alerte Phonegate a saisi la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs) après le refus de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) de communiquer plusieurs documents d’intérêt public sur les mesures d’exposition des téléphones portables.
Concrètement, l’association demandait à l’ANFR :
- les rapports détaillés de mesures d’exposition des smartphones,
- les correspondances internes sur les contrôles réalisés,
- et la liste actualisée des appareils non conformes.
L’agence, pourtant chargée d’assurer la transparence des fréquences et des expositions, a opposé un refus, sans justification publique.
Résultat : une plainte formelle a été déposée auprès de la CADA, instance indépendante chargée de garantir le droit d’accès des citoyens aux documents administratifs.
L’ANFR, l’agence qui en sait beaucoup, mais parle peu
L’ANFR, pour rappel, ne décide pas où les antennes sont construites - elle se contente de gérer les fréquences, d’enregistrer les sites radioélectriques et de centraliser les mesures. Mais sur la question des ondes, elle joue souvent un rôle à géométrie variable :
gardienne de la transparence dans les textes, gardienne du secret dans les faits.
Sur son site Cartoradio.fr, elle publie bien des mesures d’exposition, mais la plupart sont théoriques, incomplètes ou datées, et ne concernent qu’une petite fraction des installations. Et quand il s’agit de transmettre les données brutes à une association reconnue d’intérêt public ? Silence radio.
Phonegate : la bataille pour la vérité sur nos téléphones
Le scandale du Phonegate, c’est cette affaire révélée en 2016, quand des tests indépendants ont montré que plusieurs modèles de téléphones dépassaient les limites légales d’exposition (DAS).
À l’époque, l’ANFR avait dû retirer du marché plusieurs appareils — mais sans en publier la liste complète, au nom du “secret industriel”. Neuf ans plus tard, l’histoire se répète : les citoyens demandent les chiffres, et l’administration s’enferme dans le mutisme.
D’où la saisine de la CADA, qui pourrait rappeler à l’ordre l’agence publique. “L’ANFR refuse de transmettre des données d’intérêt général alors qu’elle en a l’obligation. C’est une atteinte grave au droit à la santé et à l’information.” - Marc Arazi, président d’Alerte Phonegate
À Muël, le même brouillard technico-administratif
À Muël, petit village breton, on ne s’étonne plus de ces silences. Lorsque Free (groupe Iliad) a voulu implanter un pylône de 25 mètres à moins de 100 mètres de l’école, les habitants ont eux aussi demandé des chiffres, des mesures, des simulations réelles. Résultat : données théoriques, incohérences dans le dossier et absence d’étude indépendante.

Transparence brouillée : quand le droit à l’information se heurte au mur du silence
À Muël, où une antenne de 25 mètres est prévue à moins de 100 mètres de l’école, les habitants savent combien la transparence administrative peut se perdre dans les interférences.
L’article L311-1 du Code des relations entre le public et l’administration garantit pourtant à tout citoyen le droit d’obtenir les documents produits par une administration.
Refuser cette transmission, c’est violer la loi - un point que la CADA devra bientôt trancher, après le refus de l’ANFR de communiquer ses données d’exposition.
Et quand on cache l’information, les scandales finissent toujours par éclater : on l’a vu avec les marchands de tabac et leurs études secrètes sur la dépendance (Lire l’article sur les méthodes des marchands de tabac ).
À Muël comme ailleurs, les données d’exposition ne sont pas des secrets industriels, mais des informations de santé publique.
Tant que l’ANFR jouera la discrétion façon James Bond des fréquences, le doute persistera - et ce qu’on cache, on finit toujours par le payer.
